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Amandine Fairon

Happycultrice – Jongleuse de l'imaginaire – Croqueuse d'histoires

NaNoWinner !

nanowrimo_2016_webbanner_winnerLe NaNoWriMo (National Novel Writing Mounth), vous connaissez ? Le concept est simple : durant le mois de novembre, on se donne un coup de fouet pour écrire 50 000 mots ! Un recueil de nouvelles, un roman, des écrits scolaires… Tout ce qui vous plait, tant que le défi vous permet de gratter.

L’équivalent de 100 pages en mois, ce n’est pas une mince affaire. Le site met donc en place des graphiques pour visualiser notre progression, nous offre des badges à chaque étape franchie et nous encourage grâce aux Pep Talks d’auteurs reconnus. Même s’il n’existe aucune récompense matérielle, arrivés à 50 000 mots, nous sommes officiellement gagnants !

Ce qui est encore plus intéressant, plus motivant, réside dans le fait que l’écriture devient un sujet de communauté. Plus question de se retrouver seul face à la page blanche, à regarder son clavier pendant de longues minutes… Le NaNo, c’est également l’occasion de se retrouver avec d’autres auteurs et d’échanger, de s’encourager, de se défier. On se lance dans des Word Wars sanglantes, on partage nos coups de mou, on dompte ensemble des personnages qui n’en font qu’à leur tête…

Bref, participer au NaNo vous permet de vous dépasser, vous donne de l’énergie, de la motivation et vous permet de rencontrer des personnes aux univers originaux !

 

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De l’autre côté des murs…

Mars 2014 sera marqué par une expérience singulière : l’invitation pour une après-midi littéraire… à la prison de Saint-Hubert. Contactée par une enseignante d’éducation permanente donnant des cours de remise à niveau en français en vue de la réinsertion des détenus, je me rends au centre pénitentiaire pour rencontrer ces hommes qui ont lu L’attente, livre publié dans une collection en français facile.

Avant qu’un article complet sur cette expérience sorte dans le webzine Génération Ecriture, je vous livre en avant-première des bribes de réponses données à Luka Pandala…

Avais-tu des attentes particulières lorsque tu as accepté cette invitation? 

Dans un premier temps, je crois simplement que l’opportunité a clignoté devant mes yeux en me soufflant que le milieu carcéral doit provoquer une étonnante inspiration (…).

Dans un deuxième temps, j’ai toujours cru naïvement en la bonté de l’être humain. Pendant des années, je prônais le slogan qui disait que « Les méchants, ce sont juste les gentils malheureux ». (…) Pour moi, l’éducation est une preuve que chacun veut s’améliorer. La lecture, l’écriture, la langue dans son ensemble est un facteur important pour faire face à la violence. À partir du moment où on a accès aux mots qui nous permettent d’exprimer ce que l’on ressent, je pense que l’on est moins frustrés et donc que nos réactions sont moins empreintes de colère et de violence. (…)

Dans un dernier temps, je dois aussi avouer que j’étais curieuse de découvrir ce milieu, ces personnes. Ils allaient m’accueillir entre leurs murs, je serai donc en position d’insécurité et forcée de leur faire confiance.

En quoi a donc consisté ton intervention ?

D’abord, j’ai répondu à leurs questions concernant le métier d’écrivain. Ensuite, ils m’ont présenté leur projet de production d’un cahier d’activités pédagogiques autour du livre « L’attente ».

Ce genre d’activité est-elle proposée de manière régulière dans ce genre de milieu ?

(Malheureusement) non ! L’enseignante que j’ai rencontrée disait qu’il était déjà assez difficile (point de vue démarches administratives) de « faire bouger » la prison. Par contre, chaque année, elle essaye de proposer un projet différent dans le cadre de ses cours : théâtre, improvisation, conception d’un calendrier, …

Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience ? 

Cette expérience était extrêmement enrichissante. Ce que j’en retiendrai avant tout, c’est de pouvoir rencontrer l’être humain qui vit en chaque personne, quel que soit son parcours, ses fautes et son milieu.

Deuxième escapade

A une semaine des fêtes, se rendre trois fois à « La Gloriette » a des bons et des mauvais côtés…

Le mardi a été sans aucun doute la journée la plus haute en couleurs/odeurs/saveurs. Le repas de midi, en tête-à-tête avec Myriam, était consacré à la découverte des différentes recettes qui seront présentes dans le roman. C’est important de goûter pour pouvoir écrire sur les différentes composantes d’un plat. (Devenez auteur, n’hésitez plus une seule seconde !)

Olivier, en parfait collaborateur pour l’élaboration de notre ouvrage, m’a donc proposé de revenir le soir même, vu qu’un cours de cuisine avait lieu. Comment refuser ? Le temps que mon cerveau se réveille, mon estomac avait déjà hurlé qu’il acceptait !

En route pour Marche dans la soirée, j’arrive quand tout le monde est déjà au fourneau. Olivier se marre (évidemment !) : j’avais une heure de retard. Je passe aux aveux : je ne savais plus exactement à quelle heure commençait le cours, et une petite voix m’a soufflé que ce devait être vers 19h. Raté… Présentation au groupe, puis vire-voltage entre les différentes équipes. D’abord au plat pour aider à nettoyer les champignons : des pieds bleus ! J’annonce donc à tous mes amis avec qui on avait eu une grande conversation physiologicoloralcoolémique durant laquelle on s’était aperçu qu’il n’existait pas d’aliments de couleur bleue que si, ça existe ! Des champignons ! Des pieds bleus  ! Bon, ils ne le restent pas après la cuisson, mais il faut quand même en tenir compte. Ensuite, je quitte mes collègues pour rejoindre l’équipe dessert puisque, de loin, je les voyais goûter leur mousse au chocolat. C’est important de donner son avis… Monsieur Q. (je ne sais pas si je peux citer son nom) me propose de l’aider à mettre la ganache sur les emporte-pièces. Je refuse, je regarde, je le laisse faire. Il ne connait pas encore ma maladresse légendaire ! Puis, je finis par rejoindre mes compatriotes parce qu’ils s’affairent à une activité passionnante : la réalisation de tagliatelles fraiches ! On passe quatre fois la pâte dans un petit engin sympathique. On mouline… et d’immenses tagliatelles ressortent ! Je tiens tout de même à signaler que j’étais la plus jeune ce jour-là, mais que la bataille de farine a été lancée indépendamment de ma volonté.

La cuisine terminée, nous passons à table. De la dorade exquise en entrée, accompagnée d’espuma de patates douces et d’une sauce à tomber… Je file aider mon groupe à dresser le plat. On attend que les pâtes cuisent. Pendant ce temps-là, une des femmes du groupe nous confie qu’elle devrait penser à prendre un amant. Peut-être que son mari ne satisfait pas ses plaisirs culinaires… Aucune idée. Bref ! Avant de servir les assiettes, Olivier ne veut pas me rappeler l’intitulé du plat. Merci chef ! Donc, j’apporte les assiettes (trois d’un coup comme on me l’avait appris lorsque j’étais étudiante ; ils devraient m’engager), en annonçant « ris de veau, pâtes et champignons ». Pour plus d’infos, s’adresser au chef !

Toujours est-il qu’aller trois fois manger à « La Gloriette » en une semaine permet de pouvoir cuisiner pour les fêtes (c’est plutôt un avantage), mais qu’en rentrant chez vous, votre balance se fout ouvertement de votre gueule (on dira qu’il s’agit plutôt d’un inconvénient) ! 😉

Trois choses à retenir :

  • Demander un appareil pour faire des pâtes au Père Noël ;
  • Manger deux desserts au chocolat la même journée, c’est possible ;
  • Le ris de veau est un abat (semblable à la thyroïde chez l’homme) qui disparait à l’âge adulte. Merci aux deux vétos présentes !

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Expédition culinaire

Quand Myriam (éditrice) est venue vers moi pour me proposer ce projet de roman culinaire, j’étais assez perplexe… Comment donner envie d’un plat avec des mots ? Puis, faut dire qu’on n’a pas des masses de termes pour parler d’une saveur, d’une odeur, ou d’une sensation. Même si le français est très riche, à ce niveau-là, il semble tout de même limité. Puis, il faut surtout passer aux aveux : la cuisine et bibi, ça fait deux ! Je crois que j’en suis restée au stade de l’étudiante en kot qui se fait – au mieux – des raviolis. Alors comment m’intéresser à cet art qui, personnellement, m’apparait comme une perte de temps ?

Toujours est-il qu’Amandine qui a vu clignoter le mot « DEFI » au-dessus de cette proposition s’est empressée de l’accepter ! Eh oui…

Les démarches commencent, et, dès lors, je dois rencontrer un chef : Olivier. Vu que nous devrons nous supporter pendant quelques mois, je lui propose directement qu’on se tutoie. Heureusement qu’il n’a pas trente ans de plus et des cheveux blancs, parce que je suis persuadée que j’ai bafoué toutes les règles de bienséance dès notre première rencontre. (Encore un préjugé de mon cerveau culinairement limité : grande cuisine et politesse à l’anglaise sont forcément liées.)

Emballé par le projet, Olivier accepte toutes mes conditions : participer à l’un de ses cours de cuisine, goûter certaines recettes qu’il proposera, écrire dans l’ambiance du restaurant. Sauf qu’il est bien plus ambitieux que moi : il s’arrangera pour être présent à la foire du livre, et il m’emmènera au marché (à Bruxelles) quand il remplira son stock de produits frais (à 2h30 du matin) ! Mais restons-en là : mon douloureux réveil et cette nuit mouvementée feront l’objet d’un prochain article.

J’ai donc participé à un cours de cuisine donné par Olivier à La Gloriette ! Avec le recul, je me rends compte que je n’avais pas du tout anticipé la chose, et que j’y allais sans savoir à quoi m’attendre. Arrivée sur place, j’ai appris par les autres participants le déroulement de la soirée. (Il faut savoir qu’Olivier gardait le suspense d’un côté sur mon identité pour ses habitués, et de l’autre sur ce qui était prévu pour moi.) C’est après avoir été renforcer l' »équipe dessert » (constituée alors d’un seul homme qui n’avait vraiment pas besoin de moi dans ses pieds), et avoir fait une demi-douzaine de bêtises (au pesage des ingrédients, ou avec la machine bizarre qui presse les oranges), que le réconfort a récompensé l’effort. Oui oui oui : on mange ce qu’on a préparé ! Repas trois services préparé par nos soins !

Première étape de ce « Vis ma vie » améliorée réussie : j’en aurai des choses à écrire dans ce roman !

On retient donc :

  •  Que les desserts au potiron, ça existe.
  •  Qu’il y a des choses bien meilleures que les raviolis.
  •  Qu’on connait toujours beaucoup plus de monde qu’on ne le croit. (Seuls ceux qui étaient présents comprendront…)

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Second round

Le temps file à une vitesse incroyable, et la deuxième semaine en résidence touche à sa fin. Déjà ! Je me vois encore arriver à l’aéroport, et rencontrer Loïse qui m’appelle en s’agitant, qui ne retrouve plus l’endroit où est garé son « char » (comme on le dit ici), et qui finalement en est arrivée à perdre son ticket de stationnement, tandis que je la suis tranquillement subissant les premiers méfaits du jet lag.

Le prochain qui va me poser la terrible question : « Alors l’écriture, ça avance ? », je serai forcée de lui répondre que je suis une girouette. Que j’avais commencé le premier projet que j’avais proposé dans ma candidature, puis que lorsqu’il commençait à s’étoffer, j’ai décidé de le laisser fermenter en m’attaquant au second. À présent, voilà où j’en suis : au milieu de deux textes dont les personnages me crient leur histoire, et m’appellent à se casser la voix (de papier). Et je ne leur réponds pas… Comme une mauvaise mère qui s’enfuit pour prendre l’air, pour remplir ses yeux et son coeur de couleurs et d’images. Abandonnant les siens, guidée par cette envie d’encore et de plus, toujours plus, car bientôt, il faudra partir.

Alors je prends, je prends tout ce qui vient. Pourvu que ma mémoire se souvienne de chaque détail !

Cette semaine en trois points :

  • les deux univers que renferment un lac méromictique
  • la « queue de castor » (pas la friandise, mais la version alcoolisée : le shot proposé par les bars du vieux Hull)
  • les « 13 malentendues » de Loïse Lavallée

Quand le Québec accueille…

Ca y est, je suis de l’autre côté de l’océan ! Le jet lag passé, les sens éveillés par un tas de nouvelles images, de nouvelles odeurs, de nouveaux sons (dont cet accent dont la mélodie est encore difficile à suivre), de nouveaux goûts, c’est un tas de choses qui pourraient être racontées !
D’abord, l’accueil, la chaleur et la générosité de ces nouveaux amis bienveillants. Ensuite, cette vue inspirante : cette rivière bordée de maisons colorées, de parcs où l’on côtoie oiseaux,  marmottes et écureuils.

Mais comment écrire dans cette ville qui m’appelle ? Il y a tant de choses à voir et à tester… Heureusement, j’ai beaucoup de chance : il a plu ces deux derniers jours, alors je n’avais d’autres choix que de rester enfermée pour m’y mettre ! A croire que la Belgique se soit glissée dans mes valises. Toujours est-il qu’ici, la pluie est accueillie et gratifiée suite à ces deux mois de canicule qui ont jauni les plantes.

A moins que ce soit suite à leur enrôlement – et ils auraient alors réussi grâce à leur sourire et à cette soirée où, après m’avoir présentée au public, ils m’ont fait découvrir leur répertoire musical traditionnel -, le pays commence à me séduire par son activité débordante, et l’importance qu’il donne à la culture. Gatineau et ses auteurs y sont pour beaucoup. Me montrant tout ce que je dois voir, sans me cacher ce qui doit être compris.

Si je devais retenir trois choses de cette semaine, ce serait certainement :

  • l’expérience de la célèbre « poutine » ;
  • la soirée magnifique durant laquelle j’ai été présentée ;
  • la chanson « Le p’tit bonheur » de Félix Leclerc.

Photo avec Gaston Therrien (Président de l'AAAO)

Avec Gaston Therrien, Président de l’AAAO.

Chut !

Seuls les artistes et les enfants voient la vie telle qu’elle est.

(Hugo Von Hofmannsthal)

En guise de présentation : cette seule citation. Les secrets se dévoileront au fur et à mesure. Patience ! Il ne faut pas dépoussiérer les coffres tout de suite, mais au contraire, laissons faire la magie. Transformons le tout en poudre étoilée pour que Perlimpinpin reste sagement endormi par le sable du marchand qui nous livrera ses grains de folie.

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