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Quatrième de couverture :

« J’étais le plus triste jouet qu’il puisse exister. Insouciant du mal qui l’entoure, mais pas dépourvu de sentiments. Un amusement ne développant pas l’éveil, non, juste comme les gosses l’aimeraient : pour le plaisir de pouvoir le détruire, ce jouet. Mais profiter d’un jouet avec émotions incluses, ça devait être encore mieux : le voir pleurer, le voir se tordre de douleur, le voir saigner, et surtout le voir avoir peur. L’étiquette le prouve, ce jouet c’est du luxe, du vrai, surtout quand on sait qu’il est incapable de parler. »

Jeune auteure, Amandine Fairon a imaginé ce roman empreint d’une maturité étonnante dans lequel une femme adulte raconte l’inceste commis par son père. Se projetant en cette âme blessée, elle raconte la douleur, le sentiment profond de solitude et la violence inhérente au drame.

Extrait :

– Il semble que ce soit tout sauf une bonne idée, dis-je après réflexion.

– De quoi ? Te connaître ?

– Evidemment. Je ne sais pas profiter des choses positives qui m’arrivent, j’ai l’art de tout détruire.

Je marquai une pause avant de continuer.

– Certains savent se construire de belles vies, rêver de grands horizons et de buts incroyables qu’ils veulent atteindre. Ils posent chaque jour une pierre pour bâtir leur édifice et approcher ce bonheur qui leur apporterait tant. … Moi, dès que je vois mon mur grandir un peu, qu’il s’approche trop de cette satisfaction heureuse, je le détruis. Je fuis ce mérite que beaucoup obtiennent après leurs efforts. Je comprends mieux les gens qui m’évitent que ceux qui croient vouloir me connaître, car il n’y a rien à construire avec moi.

– Je ne comprends pas, gémit-il.

Je soupirai.

– Je ne suis pas une princesse attendant son Monsieur Charmant, je suis incapable de rester des années endormie et je n’ai pas de bonnes fées pour veiller sur moi. Je suis tout simplement incapable de m’attacher à qui que ce soit, d’éprouver quelque chose pour quiconque, y compris toi, Henri. La vilaine sorcière m’a fait mordre dans la pomme maléfique de l’indifférence il y a bien longtemps. Tu dois sûrement mériter mieux qu’une domestique qui perd ses chaussures de bal…

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