Mars 2014 sera marqué par une expérience singulière : l’invitation pour une après-midi littéraire… à la prison de Saint-Hubert. Contactée par une enseignante d’éducation permanente donnant des cours de remise à niveau en français en vue de la réinsertion des détenus, je me rends au centre pénitentiaire pour rencontrer ces hommes qui ont lu L’attente, livre publié dans une collection en français facile.

Avant qu’un article complet sur cette expérience sorte dans le webzine Génération Ecriture, je vous livre en avant-première des bribes de réponses données à Luka Pandala…

Avais-tu des attentes particulières lorsque tu as accepté cette invitation? 

Dans un premier temps, je crois simplement que l’opportunité a clignoté devant mes yeux en me soufflant que le milieu carcéral doit provoquer une étonnante inspiration (…).

Dans un deuxième temps, j’ai toujours cru naïvement en la bonté de l’être humain. Pendant des années, je prônais le slogan qui disait que « Les méchants, ce sont juste les gentils malheureux ». (…) Pour moi, l’éducation est une preuve que chacun veut s’améliorer. La lecture, l’écriture, la langue dans son ensemble est un facteur important pour faire face à la violence. À partir du moment où on a accès aux mots qui nous permettent d’exprimer ce que l’on ressent, je pense que l’on est moins frustrés et donc que nos réactions sont moins empreintes de colère et de violence. (…)

Dans un dernier temps, je dois aussi avouer que j’étais curieuse de découvrir ce milieu, ces personnes. Ils allaient m’accueillir entre leurs murs, je serai donc en position d’insécurité et forcée de leur faire confiance.

En quoi a donc consisté ton intervention ?

D’abord, j’ai répondu à leurs questions concernant le métier d’écrivain. Ensuite, ils m’ont présenté leur projet de production d’un cahier d’activités pédagogiques autour du livre « L’attente ».

Ce genre d’activité est-elle proposée de manière régulière dans ce genre de milieu ?

(Malheureusement) non ! L’enseignante que j’ai rencontrée disait qu’il était déjà assez difficile (point de vue démarches administratives) de « faire bouger » la prison. Par contre, chaque année, elle essaye de proposer un projet différent dans le cadre de ses cours : théâtre, improvisation, conception d’un calendrier, …

Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience ? 

Cette expérience était extrêmement enrichissante. Ce que j’en retiendrai avant tout, c’est de pouvoir rencontrer l’être humain qui vit en chaque personne, quel que soit son parcours, ses fautes et son milieu.

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